AccueilTourisme & DécouverteForteresse de Salses : 12 mètres de mur, 9 € et une...

Forteresse de Salses : 12 mètres de mur, 9 € et une heure limite que personne ne dit

-

Les murailles de Salses atteignent 12 mètres d’épaisseur. Pas 12 mètres de haut : 12 mètres de large, là où un château fort ordinaire se contentait de deux ou trois. La forteresse est en plus à moitié enterrée, ce qui explique qu’elle paraisse basse quand on la découvre depuis la nationale. Ces deux chiffres décident de tout le reste de la visite, y compris de sa durée et de l’heure à laquelle il faut arriver.

Ce que 12 mètres de mur changent pour le visiteur

L’épaisseur n’est pas une coquetterie. Quand les canons sont passés du boulet de pierre au boulet métallique, les murailles hautes et fines sont devenues des cibles. À Salses, les murs ont été portés de 2 à 3 mètres à 6 à 12 mètres, le haut des courtines a été arrondi en quart-de-rond pour faire ricocher les projectiles, et la brique a remplacé la pierre au sommet parce qu’elle amortit le choc au lieu d’éclater.

Dimensions de la forteresse de Salses : épaisseur des murs, corps de place, tours et fossé

Conséquence directe pour qui visite : l’intérieur est un empilement de galeries et de salles voûtées prises dans la masse, pas un enchaînement de pièces claires. Les quatre tours d’angle montent à 21 mètres au sud-ouest et au nord-ouest, 18 mètres sur les deux autres angles, et chacune possède un puits central qui servait à la fois de monte-charge pour l’artillerie, d’évent pour la fumée de poudre et de porte-voix.

Le corps de place mesure 110 mètres sur 84, entouré d’un fossé de 12 à 15 mètres de large pour 6 à 10 mètres de profondeur. Cette géométrie a une conséquence pratique en été : les parties basses restent fraîches, les terrasses et la place d’armes n’offrent aucune ombre.

Un détail donne l’échelle de ce qui se visite. Les écuries en sous-sol, accessibles par un plan incliné, pouvaient loger 300 chevaux, et l’on en comptait 400 en 1637. En 1534, la garnison en temps de paix se réduisait à 40 hommes. En juillet 1639, environ 20 000 soldats français attaquèrent une garnison de 500 hommes et ouvrirent une brèche dans la tour d’artillerie nord-est.

Le billet à 9 €, et six façons de payer moins

Le tarif individuel est de 9 €. C’est le prix affiché, et c’est celui que la plupart des visiteurs paient faute d’avoir lu la page des conditions.

Tarifs d'entrée de la forteresse de Salses : 9 euros, 7,50 euros, 6 euros et gratuité

L’entrée est gratuite pour :

  • les moins de 18 ans, hors groupes scolaires et périscolaires ;
  • les 18-25 ans ressortissants de l’Union européenne, et les résidents réguliers non européens sur le territoire français ;
  • les titulaires d’une carte CMI mention priorité ou invalidité, avec un accompagnateur gratuit ;
  • les bénéficiaires de l’AAH, sur attestation de moins de six mois ;
  • les demandeurs d’emploi, sur attestation de moins de six mois ;
  • les porteurs d’un Pass éducation en cours de validité.

Le tarif tombe à 7,50 € avec le Pass Découvertes en pays catalan, le Pass patrimoine en Corbières-Salanque, une carte CEZAM, et surtout sur simple présentation d’un billet SNCF TGV INOUI ou Intercités de moins de cinq jours. Une carte Grand Voyageur descend à 6 €. Ce dernier point mérite d’être souligné : il ne suppose pas d’être venu en train ce jour-là, seulement d’avoir voyagé dans les cinq jours précédents.

Attention en revanche au premier dimanche du mois. À Salses, la gratuité de ce jour-là ne vaut qu’en janvier, février, mars, novembre et décembre. En juillet, elle ne s’applique pas, contrairement à ce que beaucoup supposent.

Pour qui prolonge la journée, trois billets jumelés existent : 15 € avec le musée et l’oppidum d’Ensérune, valable un mois, 19,50 € avec l’abbaye de Fontfroide et 14 € avec le Mémorial de Rivesaltes, valables quatre jours. Le jumelage avec Ensérune est le seul qui laisse un mois : c’est aussi le seul qui permette réellement de séparer les deux visites, l’oppidum étant à quarante minutes de route.

Combien de temps y passer, et à quelle heure arriver

La visite libre des parties basses dure 45 minutes en moyenne : place d’armes bordée de portiques à arcades avec sa citerne centrale, écuries voûtées, corps de logis, chapelle de la garnison, tour d’artillerie nord-est, cour du réduit. Un document de visite gratuit est disponible à l’accueil, en six langues.

La visite commentée dure 45 minutes elle aussi, elle est comprise dans le droit d’entrée, et elle ne se réserve pas : l’inscription se fait à l’accueil en arrivant. Compter donc 1 h 30 pour une visite complète, deux heures avec la boutique et le tour extérieur.

Voilà le piège horaire, et il n’est écrit nulle part ailleurs. Le monument ouvre de 10 h à 18 h 30 du 1er avril au 30 septembre, mais le dernier accès au donjon est fixé à 17 h, et le dernier billet est délivré 45 minutes avant la fermeture. Arriver à 16 h 30 un jour de juillet, c’est acheter un billet plein tarif pour ne voir que les parties basses.

Hors saison, du 1er octobre au 31 mars, l’ouverture se fait de 10 h à 12 h 45 puis de 14 h à 17 h 15. La coupure de midi surprend les visiteurs venus de loin. Le monument est fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre.

Le meilleur créneau en été est l’ouverture, à 10 h : la lumière rasante donne son relief à la maçonnerie, les galeries sont encore fraîches, et il reste sept heures avant la fermeture du donjon. En septembre et en octobre, la question de la chaleur ne se pose plus et l’après-midi redevient jouable.

Se garer à Salses : l’arrêté que personne ne lit

Le stationnement est interdit aux abords immédiats de la forteresse par arrêté préfectoral. Ce n’est pas une recommandation, et c’est le premier problème concret d’une arrivée en voiture un jour d’affluence.

Les solutions, dans l’ordre :

  • le parking municipal, ouvert toute l’année, payant et surveillé de mi-juin à mi-septembre ;
  • des places supplémentaires près de l’aire de jeux pour enfants ;
  • pour les camping-cars, le parking de la cave Arnaud de Villeneuve ;
  • un parking vélo sur place.

Depuis Perpignan, la N9 en direction de Narbonne mène directement au village. Depuis Montpellier, c’est la sortie n° 40 de l’A9. Le train reste la meilleure option pour deux raisons : la gare de Salses-le-Château est dans le village, et le billet de moins de cinq jours fait baisser l’entrée à 7,50 €. La ligne de bus 503 relie également Perpignan à Salses, avec dix minutes de marche à l’arrivée.

Deux règles à connaître avant de préparer le sac : le pique-nique est interdit à l’intérieur du monument, et les poussettes ne sont admises que dans les parties basses. Les animaux sont interdits sauf chiens d’assistance, et le site est entièrement sans tabac, intérieur comme extérieur. Pour une sortie en famille dans le département, cela range Salses du côté des visites courtes et cadrées, à combiner avec les villages classés des Pyrénées-Orientales plutôt qu’avec une journée improvisée.

Une heure de plus, et vous voyez la contre-mine

Le billet seul donne accès aux parties basses. Les parties hautes, le donjon, les galeries et les terrasses ne s’ouvrent qu’en visite commentée. Comme elle est incluse dans le prix, s’en passer revient à payer 9 € pour la moitié du monument.

Ce que ces 45 minutes ajoutent est précisément ce qui fait l’intérêt de Salses. Le donjon est une forteresse dans la forteresse : séparé du reste par un fossé et une double courtine, isolable par des ponts-levis, il assurait sa propre défense et servait de poste de commandement et de résidence au gouverneur.

Et surtout, il y a les galeries. Une galerie d’escarpe voûtée en demi-berceau ceinture tout le périmètre de la forteresse en traversant la base des tours. Elle avait deux fonctions : écouter, et contre-miner. Les assiégeants creusaient des tunnels pour faire sauter la muraille par-dessous, les défenseurs les entendaient venir depuis cette galerie et creusaient à leur rencontre. C’est là que se lit vraiment la logique du bâtiment, et aucun panneau extérieur ne la raconte.

Le reste de l’histoire tient en deux dates. Après le siège de 1503, les escarpes ont été renforcées d’un talus chemisé sur environ sept mètres depuis le fond du fossé, ce qui a condamné les postes de tir bas des courtines. Un siècle et demi plus tard, Vauban a fait raser le chemin couvert extérieur. Salses n’a jamais été prise par la force pendant sa période espagnole, mais elle a été modifiée, réduite et vidée de son rôle par des décisions administratives. C’est un destin plus banal qu’un assaut, et bien plus fréquent.

Reste la question du détour. À une quinzaine de minutes au nord de Perpignan, entre l’étang et les Corbières, Salses n’est pas sur la route d’un littoral que l’on rejoint par l’autoroute. Le monument mérite d’être choisi, pas croisé, et il tient très bien une demi-journée aux côtés d’autres visites du département comme d’un séjour organisé à l’échelle du territoire.

Sources officielles

Frederic
Frederichttps://www.imaginelespo.fr
Entre immobilier, placements et actualité des Pyrénées-Orientales, je m'attache à rendre lisibles des sujets souvent réservés aux initiés. Je décrypte les chiffres et les règles pour vous aider à décider en connaissance de cause.

Articles connexes

Derniers articles