À Collioure, la place de parking est la vraie monnaie de l’été. La commune le dit elle-même : passé 10 h, les parkings du centre se remplissent vite.
Ce qui coince n’est d’ailleurs pas le prix, c’est la durée que chaque zone autorise. Une fois ce détail compris, la Côte Vermeille redevient praticable, même le 14 août.
Pourquoi le centre est plein avant votre deuxième café
Le Glacis, les Arènes, le Douy et le Lavoir sont les quatre parkings que tout le monde vise en descendant vers le port. La mairie reconnaît noir sur blanc qu’ils se remplissent vite, particulièrement après 10 h, et que les mercredis et dimanches de marché aggravent tout.
Deux créneaux tiennent encore en juillet et en août : avant 10 h, ou après 19 h, quand les visiteurs de la journée remontent vers leur camping. Entre les deux, vous tournez. C’est aussi simple que ça, et aucune astuce ne le contourne.
La cause est géographique. Le village est coincé entre les contreforts des Albères et la mer, sur une bande où l’on ne peut plus rien construire. Le même verrou pèse sur toute la côte rocheuse, et il explique pourquoi les parkings d’accès aux criques de la Côte Vermeille se remplissent à des heures encore plus matinales.
Nous avons écarté les nombres de places qui circulent sur les blogs et les comparateurs. Ni la mairie ni le service parking ne les publient, et un chiffre qu’aucune source communale ne confirme n’aide personne à décider.
Zone bleue, horodateur, barrière : trois régimes qui ne durent pas pareil
Collioure applique trois systèmes différents, et c’est la durée maximale autorisée qui les sépare, bien plus que le tarif.
- Zone bleue gratuite, 1 h maximum, avec disque obligatoire. Elle couvre l’avenue de la République, l’avenue du Général de Gaulle et la place du 8 mai 1945.
- Horodateurs, 6 h maximum, de 8 h à minuit : Michelet, Lavoir, Arènes/Gare, Douy, Rière, Pla de Las Fourques. Comptez 2 € l’heure et 9 € pour les six heures.
- Parkings à barrière, 24 h possibles : Glacis, Château d’eau, Stade et Cap Dourats.

Voilà l’information que la plupart des pages oublient de donner. Le parking de la gare de Collioure dépend des horodateurs, donc il plafonne à six heures. Impossible d’y laisser la voiture pour une randonnée sur le sentier du littoral ou pour une journée d’aller-retour en train.
Le disque bleu du centre n’est pas une place de stationnement, c’est un minuteur de boulangerie. Une heure, disque en évidence, et vous repartez. Pour une visite, oubliez-le : le dépassement se paie 35 €, et une heure ne suffit ni à monter au château royal ni à boire un verre sur le port.
Ce qu’une erreur coûte, du disque oublié à la fourrière
La commune publie sa grille de sanctions, et elle est plus dure qu’on ne l’imagine. Stationnement gênant sur ligne jaune ou sur zébra : 35 €. Stationnement sur trottoir : 135 €. Dépassement en zone bleue : 35 €.
Sur les places à horodateur, le forfait post-stationnement se règle 19 € s’il est payé vite, 32 € ensuite. Le détail figure sur la page stationnement de la mairie de Collioure.
L’addition change de catégorie dès que la voiture part à la fourrière. Depuis mars 2024, hors Paris, Lyon, Marseille et Toulouse, l’enlèvement d’une voiture particulière est plafonné à 127,65 €, plus 15,20 € d’opérations préalables et 6,75 € par jour de garde. Avec l’amende, une place gagnée sur un trottoir dépasse 270 €.
Les camping-cars ont une règle à part, et elle ne souffre aucune interprétation. Cap Dourats est le seul stationnement possible sur la commune, camping et bivouac sauvages strictement interdits.
L’aire compte 20 emplacements, avec eau, électricité, vidange et sanitaires, ouverte toute l’année et sans réservation. Le tarif est de 20 € les 24 h du 1er avril au 31 octobre, 15 € le reste de l’année. Ce forfait camping-car est distinct de la grille voiture du même parking, citée plus loin : ne comparez pas les deux, ils ne concernent pas le même véhicule.
Attention au fonctionnement de ce forfait, que personne n’écrit : il est indivisible. Trois heures coûtent 20 €, comme vingt-quatre. Et le dépassement d’une minute en redéclenche un entier.
Notre arbitrage : sur la Côte Vermeille, la voiture n’est pas le bon outil
Le conseil que l’on lit partout, garez-vous en périphérie parce que c’est moins cher, mérite d’être retourné. En proportion, l’écart s’écrase avec la durée. Le Glacis coûte 2,4 fois le tarif de Cap Dourats pour deux heures, et seulement 1,26 fois pour vingt-quatre heures.

En euros, ça donne 4,80 € contre 2 € sur deux heures, 9,90 € contre 5,20 € sur six heures, et 15,60 € contre 12,40 € sur la journée complète. Notre arbitrage tient donc en une phrase : sous trois heures, Cap Dourats et la navette. Pour la journée entière, descendez au centre si une place se libère, l’écart ne dépasse pas 3,20 €.
La navette qui relie Cap Dourats au village est gratuite et fonctionne de mai à septembre, avec les week-ends seulement en mai. Elle monte au centre sans arrêt intermédiaire et redescend depuis le rond-point de la rue Miradou.
Ses horaires précis ne sont pas publiés en ligne et changent d’une saison à l’autre. Deux choses valent la peine d’être sues avant de monter : les chiens ne sont pas acceptés, et Cap Dourats reste à une bonne vingtaine de minutes de marche si vous ratez le dernier passage.
Reste la question que personne n’ose poser. Faut-il vraiment venir en voiture ?
Collioure a une gare sur la ligne TER liO Perpignan-Cerbère, à une vingtaine de minutes de Perpignan. Le car liO 540 s’arrête au Glacis en desservant Argelès, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère. Le ticket unitaire coûte 2 €, valable deux heures avec correspondances, 15 € le carnet de dix.
Notre recommandation est franche : en juillet et en août, laissez la voiture là où vous dormez. Deux adultes en aller-retour, c’est 8 €, moins qu’une journée au Glacis, et sans la demi-heure passée à tourner.
Le plan B du jour où tout est plein
Il arrive que rien ne fonctionne. Barrières fermées partout, navette bondée, et il est 11 h. Ce jour-là, le bon réflexe n’est pas d’insister, c’est de changer de commune et de revenir par la route ou par le rail.
- Port-Vendres, l’arrêt suivant sur la 540, affiche 187 places gratuites sur 515, dont 70 à l’Anse Gerbal et 44 quai de la République. Le stationnement y est gratuit pour tout le monde de 12 h à 14 h 30 et à partir de 19 h.
- Banyuls-sur-Mer a réduit sa période payante en 2026 : horodateurs actifs du 15 juin au 15 septembre seulement, de 8 h à 20 h, et la première heure est offerte. Attention à la suite de la grille, qui grimpe vite. Six heures coûtent 12 €, douze heures 30 €, soit près du double d’une journée complète au Glacis. Banyuls est parfait pour un déjeuner, ruineux pour une journée entière.
- La côte sableuse, enfin, reste la solution la plus reposante avec des enfants et une glacière. Les stations de la plaine offrent des parkings sans commune mesure avec ceux des Albères, et le choix se fait alors sur le sable plutôt que sur la place, comme le montre le comparatif des plages des Pyrénées-Orientales.
Le budget d’une journée à Collioure en voiture tourne donc autour de 12 à 16 € de stationnement, contre 8 € pour deux personnes en car. À ce prix, la question n’est plus vraiment financière. Elle est de savoir combien de temps vous acceptez de perdre au volant sur un territoire aussi dense en sites à voir que les Pyrénées-Orientales.
Sources officielles
- Le stationnement, mairie de Collioure : saturation des parkings du centre après 10 h, montants des amendes et interdiction du stationnement des camping-cars hors Cap Dourats.
- Règles de stationnement en 2026, mairie de Banyuls-sur-Mer : période payante du 15 juin au 15 septembre, plage 8 h-20 h et grille tarifaire complète.
- Stationnement à Port-Vendres, commune de Port-Vendres : 187 places gratuites sur 515 et horaires de gratuité générale.
- Fourrières, les nouveaux tarifs au 1er mars 2024, Service-Public : plafonds d’enlèvement, d’opérations préalables et de garde journalière pour une voiture particulière.
- Titres et tarifs des cars liO, Région Occitanie : ticket unitaire à 2 €, validité de deux heures et carnet de dix voyages.
